Sortez du lot!

Que vous débutiez dans votre activité ou que vous ayez déjà un parcours bien rempli, je suis sûre que vous vous êtes tous déjà posé la question de comment se démarquer de vos concurrents.
Pour moi, les discussions avec les gens qui ne connaissent pas mon métier ressemblent souvent à ça: « Mais des traducteurs, y en a plein non? Puis en Inde/Chine/Roumanie ils doivent faire ça pour pas cher non? Comment tu vas faire? ». Alors là, on prend une respiration, on garde son calme et on sourit. Oui, des gens qui font la même chose que moi il y en a plein. Mais des gens qui le font comme moi, combien y en a-t-il? Aucun, parce que je suis unique.
Attention, ne vous méprenez pas! Je ne dis pas que je suis exceptionnelle et que tout le monde s’arrache mon travail parce que je suis formidable. Ce que je dis, c’est que nous sommes tous différents et que nous ne proposons pas les mêmes choses et nous ne les réaliserons pas de la même façon.
Qu’est-ce qui fait qu’on préférera faire appel à vous, qui êtes plus cher, plutôt qu’à une concurrence pas chère sortie d’on ne sait où?
Et finalement, les clients ne s’intéressent-ils vraiment qu’au prix?
Au détour d’une conversation, j’exprimais à ma voisine cette peur de la concurrence. Et si j’étais trop chère? Et si je me faisais dépasser par des concurrents? Comment vais-je faire ma place dans le monde de la traduction?
Voici ce qu’elle m’a répondu:
« -Tous les jours, tu achètes des prestations ou le résultat du travail de quelqu’un non? Tu vas chez le coiffeur, à la boulangerie, chez le comptable. Qu’est-ce qui fait que tu continues à aller chez ton coiffeur cher en France alors que tu pourrais avoir la même chose pour beaucoup moins cher en Allemagne?
-Bah, j’ai un peu peur de ressortir avec les cheveux verts de chez le coiffeur allemand, si jamais on ne se comprend pas. Mais ça c’est un faux problème, je sais exprimer ce que je veux. C’est surtout que mon coiffeur français me connaît bien et puis il est super sympa, on s’entend vraiment bien
-Tu as mis le doigt dessus. Tu préfères le coiffeur plus cher parce que dans ta décision d’achat, le fait qu’il soit francophone te rassure et le fait qu’il soit sympa t’es agréable. Finalement, dans ta décision, le côté affectif/subjectif a pris le dessus sur l’aspect mesurable et rationnel (le prix). Ce n’est pas exceptionnel, tout le monde achète toujours en faisant intervenir son côté affectif.
-Non, pas les clients! Ils sont tenus par des budgets, une hiérarchie…
-Tout le monde. Bien sûr, il y a un budget à respecter mais lors de tes négociations avec les clients, vous pouvez toujours trouver un terrain d’entente. Après, si le tarif qu’on te demande est largement en dessous de tes attentes ou de ce que tu estimes raisonnable, peut-être n’êtes-vous pas fait pour travailler ensemble? Mais dis-toi bien que tout le monde achète toujours quelque chose en écoutant aussi son côté affectif.
-Soit. Mais bon, pourquoi préféreraient-ils travailler avec moi? Je suis sympa, mais je ne suis probablement pas la seule traductrice sympa!
-Parce que tu vas les convaincre que c’est toi qu’ils doivent choisir. En rentrant, mets-toi à ton bureau et fais cet exercice: sur une feuille, tu vas écrire dans une colonne tes points forts et tes qualités. Tout ce qu’on peut apprécier chez toi ou que tu apprécies.
-Ouai, souvent on dit que j’ai le sens de l’humour, mais pour le travail ça n’apporte rien.
-Mais si! Ecris-le. Poses des questions à ton entourage si tu n’as pas d’idées et écris tout ce qui te viens à l’esprit. Ensuite, dans la colonne d’à côté, tu vas réfléchir à comment tu peux utiliser ces qualités avec tes clients. Ce qui est important, c’est que tu sois toi même. Tu as de l’humour? Utilise-le. Qui n’apprécie pas qu’on le fasse rire?
-D’accord, mais ça ne fais pas tout quand même!
-Oui bien sûr, il y a aussi tes compétences. Là aussi, tu dois en prendre conscience. Il y a forcément des choses que tu sais faire et qui peuvent intéresser tes clients. Tu m’as dit que tu avais fait de la terminologie en master, c’est exact?
-Oui oui. J’aimais bien en faire et j’aime toujours puis c’est vrai que tous les traducteurs n’en font pas…
-Voilà, tu as compris. Il faut le dire au client. Si tu as une façon de traduire différente, dis-le aussi. Comme pour tes qualités, je te conseille de lister toutes tes connaissances/compétences professionnelles pour les mettre en valeur et les proposer à tes clients. Ensuite, prépares-toi avant les rendez-vous, comme avant un entretien d’embauche. Tu dois mettre en avant tes qualités, tes compétences, sans pour autant trop en faire. Convaincre, ça passe par les compétences mais aussi par l’attitude: ta façon de parler, de sourire…
-Je ne risque pas d’en faire trop? De ne pas paraître naturelle?
-C’est pour ça que tu dois t’entraîner avant. De toute façon, tu ne dois pas « paraître » naturelle, tu dois l’être. Sois-toi même, parle normalement. Personnellement, je n’aime pas parler avec des gens qui se mettent à parler d’une façon guindée sous prétexte que nous parlons d’affaires ou de travail! N’oublie pas qu’une conversation plaisante, une personne souriante, un discours pédagogue laissent un souvenir positif dans la mémoire des gens. Ils s’en rappeleront au moment de prendre une décision. De la même façon, un commercial ou un prestataire avec des prix attractifs mais un discours formaté et impersonnel feront aussi leur effet. A toi de te démarquer!
Et vous, quels sont vos atouts pour sortir du lot?
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Comments (3)

Sortez du lot!…
Comment se démarquer de la concurrence lors de votre prospection? Comment vous mettre en valeur? Ma voisine millionnaire répond à ces questions!…
Selon moi,
Pour sortir du lot, le caractère et la personnalité y fait beaucoup.
Le domaine dans lequel je suis (artiste créateur/plasticien) les professeurs, comme les clients valorisent beaucoup l’ouverture d’esprit, énormément la recherche dans les travaux.
Le tout n’est pas de « créer ,pour créer », le tout est de faire un concept unique qui n’existe pas ou alors réinventer et le mettre d’actualité de façon pertinente et toujours cohérente, en s’appropriant « avec les tripes »
Le meilleur dans tout ça est de creuser sur des thèmes difficiles d’accès (je travaille sur la virtualité actuellement) d’éplucher, d’observer, de disséquer toutes les zones encore jamais explorer
Et bien sur de ne pas tomber dans les clichés (pc / cable / ordi, en parler brièvement mais ne pas en faire un plaidoyer).
En bref, je suis d’accord avec votre voisine millionnaire !
je continue de suivre l’actu !
A très bientôt.
Merci pour ce commentaire Gauthier, bienvenue sur ce blog!