L’interview du freelance: Isabelle, consultante en communication d’entreprise
Isabelle est consultante communication et j’ai le plaisir de vous proposer cette semaine son interview. Et si vous voulez en savoir plus, c’est sur son blog!
-En quoi consiste ton métier?
Je suis consultante en communication d’entreprise. Pour faire court, je propose à mes clients à peu près tout l’ensemble des services d’un pôle communication externalisé : communication interne, externe et marketing opérationnel. Par exemple, en ce moment, je m’occupe du volet communication interne d’un projet d’accompagnement au changement, en rédigeant à chaque étape des documents qui vont permettre aux salariés de mieux comprendre les incidences sur leur métier (je travaille avec l’agence interne de mon client pour la partie graphique). Je prépare en parallèle une présentation pour une agence de production audiovisuelle qui propose à ses clients un système d’archivages de films par le biais de blogs. Mes projets préférés tournent souvent autour de l’écrit.
-Depuis quand exerces-tu ta profession et depuis combien de temps es-tu freelance?
J’ai un 3ème cycle en communication et ai toujours travaillé dans ce domaine depuis la fin de mes études : 3 ans en agence de communication corporate, puis 9 ans dans deux sociétés de services en informatique, à des postes communication et marketing. Je suis officiellement freelance depuis le 2 mai dernier.
-Qu’est-ce qui t’a amené à devenir freelance?
C’était un souhait depuis longtemps (voire depuis toujours !), mais j’ai pu sauter le pas car différents facteurs étaient réunis en ce début d’année : j’estimais avoir suffisamment d’expérience pour être crédible face à mes clients, j’ai terminé un congé de maternité et ai pu négocier mon licenciement, j’avais un copain qui lançait sa société et m’a d’emblée proposé d’être mon premier client… Tout cela au moment où le statut d’auto-entrepreneur était mis en place… Pour moi, c’était donc LE moment !
-Quels sont les avantages et les inconvénients de ce statut?
Il y a pour moi au moins 90 % d’avantages ! Je suis indépendante et autonome : j’apprécie donc particulièrement la possibilité de travailler chez moi et la liberté de gérer mon temps (j’ai toujours été « du soir », j’essaie de ne pas devenir « du week-end ;-)), j’aime aussi le fait de travailler sur des sujets et dans des secteurs d’activité très variés, j’adore aller me documenter, farfouiller sur des blogs et des sites pour trouver « la » bonne info… Cette nouvelle activité est aussi compatible avec ma vie familiale (j’ai deux enfants qui ont « presque » 1 et 3 ans), ce qui est gros avantage !
Les inconvénients sont les mêmes que pour tous les indépendants j’imagine, c’est-à-dire une incertitude permanente au niveau financier : le fait de ne pas savoir ce que l’on va gagner dans le mois, ni de quoi sera fait le mois suivant… Cela dit, je ne suis pas toute seule, j’ai la chance d’avoir un mari salarié, et cela a aussi pesé dans la balance quand j’ai choisi de devenir indépendante.
-Quelles démarches as-tu accomplies?
Le quasi-minimum : j’ai pris rendez-vous à l’URSSAF pour avoir des infos sur le statut d’auto-entrepreneur et pour m’inscrire. Je continue au fil de l’eau à me renseigner sur les autres statuts, car celui d’auto-entrepreneur, avec un CA plafonné à 32 000 euros, n’est pas envisageable sur le long terme. Si tes lecteurs peuvent me conseiller, bien sûr, ça m’intéresse ;-)
-As-tu dû changer quelque chose dans ta vie (déménagement, location d’un bureau…)?
Je travaille dans ma salle à manger, et j’ai abandonné sans aucun regret mes 3 heures quotidiennes dans les transports en commun ! J’aime travailler chez moi, en silence, même si je sors souvent à l’heure du déjeuner. J’ai plusieurs nouvelles copines qui sont freelances également et habitent aux alentours.
-Comment prospectes-tu? Utilises-tu les réseaux sociaux ou professionnels?
J’imaginais que la prospection téléphonique était indispensable pour trouver des clients. Alors j’ai essayé pendant une semaine, tout au début, d’appeler à la chaîne des directeurs de communication, mais cela n’a rien donné. En revanche, j’ai trouvé deux clients sur Viadeo, ce sont eux qui m’ont sollicitée, et mon blog m’a également permis de nouer des contacts. Je compte aussi sur le développement des annuaires dédiés aux auto-entrepreneurs (et notamment sur celui de la Fédération des auto-entrepreneurs) pour me faire connaître… Je vais regarder de plus près Facebook et Twitter, que je n’utilise pas au niveau professionnel. Enfin, les agences de communication peuvent être des « apporteurs d’affaires » pour moi et il faut que je me fasse connaître auprès d’elles. C’est mon axe de prospection principal pour les mois à venir.
-Décris une journée de travail ordinaire
Je commence vers 9h, car avant j’emmène mes enfants, l’un à l’école, l’autre à la crèche. D’abord ma «revue de blogs » (le Blog du freelance et ma Voisine millionnaire si j’ai peu de temps, plus une dizaine d’autres si je suis moins pressée), puis mes mails, et ensuite, je travaille sur mes projets en cours. Si je n’ai rien de prévu à l’heure du déjeuner, je grignote sans quitter des yeux mon écran (je sais, c’est pas bien, j’ai lu tes billets sur « les freelances se nourrissent » ;-)). Je me laisse souvent interrompre par un mail qui m’emmène vers un site puis vers un blog… Mais tout cela est très utile, finalement !
Je passe régulièrement une demi-journée en rendez-vous chez mes clients : prise de brief, réunion de suivi de projet, travail avec l’agence interne de l’un…
-Quel est ton moment préféré dans la journée ?
Le matin, quand je me lève et que je réalise que je vais passer la journée à travailler chez moi… Hé oui, ça a changé ma vie, et je me pince encore pour y croire !
-Existe-t-il dans ta profession un regroupement de professionnel ou un syndicat pour informer et protéger les professionnels?
Il y a pas mal d’association de communicants et également des structures d’accompagnement pour la pérennisation des entreprises (généralistes). Concernant les associations, pour l’instant, je n’ai fait aucune démarche, mais je vais commencer à m’y intéresser. J’ai rencontré une structure de « bénévoles accompagnateurs » mais cela ne m’a pas vraiment convaincue, même si j’estime que tout conseil est bon à prendre et que de partager des expériences est très enrichissant. En revanche, j’ai avant même le lancement de mon activité participé aux Cafés des Freelances organisés par Dominique, du Blog du Freelance et j’ai fait la connaissance de plusieurs autres indépendants avec lesquels je suis en contact régulier. On échange beaucoup sur notre quotidien. Les indépendants sont très solidaires, contrairement aux idées reçues !
-As-tu l’intention de créer une structure?
Ce n’est pas mon objectif à court ni à moyen terme. Pour l’instant je savoure ma liberté de « travailleuse solitaire », mais peut-être que j’éprouverai un jour le besoin de modifier ma situation…
-Quelles sont les tâches que tu aimerais sous-traiter?
La compta… J’ai honte de le dire, car en tant qu’auto-entrepreneur, elle est vraiment réduite au strict minimum !
-Comment répartis-tu ton temps entre la gestion, la prospection et la réalisation?
La gestion doit représenter à ce jour un dixième de mon temps. Ce que j’appelle prospection, c’est dans mon cas le fait de renseigner mon profil et/ou de le mettre à jour sur les sites auto-entrepreneurs et réseaux sociaux, ainsi que la documentation sur mon métier (lecture de blogs, lecture de la dizaine d’alertes Google que je reçois tous les jours…, cela me permet de connaître l’existence de nouveaux réseaux sociaux, ou de nouveaux blogs qui m’intéressent) qui représente un mi-temps. Le reste du temps est consacré à la réalisation. Quand j’aurai atteint ma vitesse de croisière, j’imagine passer 1/5ème de mon temps à la gestion, 1/5 à la prospection et 3/5 à la réalisation.
-Aurais-tu des conseils à donner aux indépendants ou à ceux qui souhaitent le devenir?
Je pense que ce n’est pas un scoop, mais il faut absolument cultiver et développer son réseau. Idéalement, il vaut mieux commencer son activité avec au moins un client. Je pense que ce doit être déprimant de commencer en ayant pour seule perspective de prospecter !
Des questions? Des commentaires? C’est à vous!
Popularity: 5% [?]
