L’interview du freelance: Gaëlle, terminologue

Gaëlle est terminologue, un métier encore peu connu mais très utile non seulement pour les traducteurs, mais aussi à tout le monde! Quand elle ne fait pas de terminologie, ni de traduction, elle travaille sur son projet: Buscatraductor. Son ambition est de créer une plateforme de rencontres en espagnol entre traducteurs et donneurs d’ordre. Traducteurs, soyez prêts, le site ouvrira début avril! En attendant, vous pouvez toujours laisser votre e-mail sur le site pour être informé de son ouverture :)


-En quoi consiste ton métier?

Le métier de terminologue peut s’exercer de différentes façons, en fonction des besoins du client. Dans mon cas, je travaille auprès du service de traduction d’une grande entreprise informatique dont les volumes à traduire sont énormes. J’interviens avant, pendant et après la traduction. En amont : avant qu’une documentation ou une interface produit ne parte en traduction, je prépare un dictionnaire des termes techniques les plus fréquents afin de garantir la cohérence de la terminologie utilisée dans le projet par les différents traducteurs. Dans mes préconisations, je veille à respecter la terminologie propre à la famille de produits concernée. Pendant : les traducteurs et les testeurs se tournent vers moi et mon collègue lorsqu’ils rencontrent un terme qui ne figurait pas dans le dictionnaire et qui leur pose problème. Ils nous soumettent également les problèmes de conflits terminologiques (par exemple : deux termes différents qui sont habituellement traduits de la même façon en français mais qu’il faut absolument distinguer dans le projet en cours). En aval : à l’issue d’un projet, je m’assure que nos préconisations ont bien été respectées. J’enrichis aussi la base terminologique multilingue de l’entreprise.

-Depuis quand exerces-tu ta profession et depuis combien de temps es-tu freelance?

Je me suis lancée en free-lance dès mon diplôme en poche fin 2007 mais j’ai effectué ma dernière année d’étude en apprentissage donc j’ai aussi fait l’expérience du salariat.

-Qu’est-ce qui t’a amené à devenir freelance?

Mon mari a presque toujours été free-lance donc j’ai eu un avant-goût de ce statut à travers son expérience à lui. De plus, nous apprécions de vivre dans différentes villes européennes : pour pouvoir accomplir ces séjours, nous devons absolument préserver notre mobilité et le statut de free-lance nous garantit cette liberté.

-Quels sont les avantages et les inconvénients de ce statut?

Plus que d’avantages et d’inconvénients, je préfère parler de caractéristiques. Après, à chacun de se faire une opinion : – on est 100 % responsable de ce qui nous arrive, il n’y a pas de patron sur qui rejeter la faute. Il faut constamment faire preuve d’initiative et être dynamique si l’on veut progresser ; – on peut ressentir un sentiment d’insécurité dans le fait de ne pas avoir de CDI ; – on est libre d’organiser son travail comme on l’entend ; – on peut laisser libre court à son imagination et développer ses propres projets ; – pour certains métiers, une connexion à Internet suffit donc on n’est pas attaché à un lieu en particulier ; – il n’y a pas de frontière nette entre l’activité professionnelle et la vie personnelle ; – pour certains métiers, le travail se fait principalement par ordinateur et les contacts humains dans le cadre professionnel sont rares.

-Quelles démarches as-tu accomplies?

Je me suis assuré les services d’un conseiller-comptable et c’est lui qui a accompli toutes les démarches ! J’aurais pu me débattre auprès des administrations mais je me lançais dans un pays dont je ne suis pas ressortissante et je préférais donc payer pour que quelqu’un s’en charge. Désormais, je paye ce professionnel un peu moins de 80 € par mois pour qu’il gère ma comptabilité et mes obligations de déclaration fiscale. Quand je vois toute la paperasserie requise par l’État, je me dis que j’en ai bien assez avec l’émission de mes factures.

-As-tu dû changer quelque chose dans ta vie (déménagement, location d’un bureau…)?

Non. J’ai déménagé parce que je le souhaitais mais rien à voir avec mon travail. Je n’ai pas loué de bureau, encore une fois parce que je déménage régulièrement, mais je compte bien en avoir un lorsque je m’installerai définitivement en Espagne d’ici deux ans. Pour le moment, je ne ressens pas tellement le ras-le-bol d’être toujours chez moi parce que je déménage régulièrement mais j’imagine aisément cette sensation d ‘étouffement quand on passe 24h/24 au même endroit pendant des années. Il faut s’obliger à prendre l’air et à changer d’air.

-Comment prospectes-tu? Utilises-tu les réseaux sociaux ou professionnels?

Mon cas est un peu particulier puisque j’ai tout simplement poursuivi ma collaboration avec l’entreprise chez qui j’étais apprentie. J’effectue aussi des travaux de traduction pour d’autres clients de temps en temps et là c’est plutôt du bouche-à-oreille. Comme mon travail de terminologue et mes quelques traductions m’assurent un niveau de vie convenable, je passe le reste du temps à développer mes propres projets, mais c’est une autre histoire !

-Décris une journée de travail ordinaire

Je me lève vers 8 h (mais je n’hésite pas à dormir plus tard si je me sens fatiguée), je vais à la salle de sport environ 2 heures (3 à 4 fois par semaine ; les autres jours je fais les courses, quelques tâches ménagères ou encore la paperasserie du foyer), je travaille sur mes différentes activités environ 8 ou 9 heures (la terminologie occupe la moitié de mon temps de travail), je consacre 2 à 3 heures à mon objectif personnel du moment (actuellement il s’agit de l’apprentissage de l’allemand) et finalement je dîne et me détends. Comme c’est presque toujours mon mari qui prépare le déjeuner, ma pause du midi dure de 15 à 20 minutes.

-Existe-t-il dans ta profession un regroupement de professionnel ou un syndicat pour informer et protéger les professionnels?

Je ne pense pas qu’il y ait un regroupement propre aux terminologues car beaucoup sont aussi traducteurs. En France il y a la SFT, le syndicat des traducteurs.

-Aurais-tu des conseils à donner aux indépendants ou à ceux qui souhaitent le devenir?

Le statut de free-lance ne convenant pas à tout le monde, il faut faire attention à ne pas se lancer pour les mauvaises raisons. Mon premier conseil serait de réfléchir posément : pourquoi est-ce que je choisis ce statut plutôt qu’un autre, comment vais-je gagner ma vie, comment vais-je organiser ma prospection, suis-je prêt à prendre la responsabilité de mon activité, combien d’heures de travail vais-je devoir travailler pour maintenir mon niveau de vie actuel, suis-je prêt à bouleverser mes habitudes et mon train-train quotidien, etc. Mon deuxième conseil c’est de confier les tâches comptables et fiscales à un professionnel. Certes, il faudra le payer mais vous aurez l’assurance d’avoir accompli toutes vos obligations comme il se doit et sans vous arracher les cheveux. Je ne pense pas qu’il faille nécessairement être très discipliné pour être free-lance. Même la personne la moins disciplinée du monde, si elle est un tant soit peu responsable, se lèvera la matin et fera son travail pour avoir de quoi manger et payer ses factures. En revanche, je crois qu’il faut « en vouloir » : la motivation est primordiale car, sans elle, le moindre petit accident de parcours est source de remise en question.

Popularity: 6% [?]

Comments (4)

 

  1. Retrouvez cet article sur Blogasty …

    Vous aimez cet article? Votez pour lui sur Blogasty …

  2. www.fuzz.fr dit :

    L’interview du freelance: Gaëlle, terminologue…

    Chaque semaine, Ma voisine millionnaire interviewe un indépendant. Cette semaine c’est Gaëlle, une terminologue, qui s’y colle!…

  3. flo dit :

    bonjour,

    pourquoi ne pas demander leur revenus aux gens que vous interviewez, histoire d’avoir un aperçu des salaires des métiers en free lance, même si ceux là doivent varier beaucoup.

    RépondreRépondre
  4. Céline dit :

    Flo, je n’ai pas pensé à leur demander leur salaire et je ne le ferai pas car cela appartient à la vie privée des personnes que j’interviewe. Ce genre d’informations n’aura probablement pas grand intérêt pour les lecteurs et je n’ai pas envie d’avoir à gérer des commentaires négatifs à leur encontre par la suite, donc autant éviter la question!

    RépondreRépondre

Leave a Reply



Vous en voulez encore ? Inscrivez-vous à la lettre d'information de Ma voisine millionnaire !
*  Prénom:
    Nom:
*  E-mail :
    Ville:



Ad

Le livre du moment:

Le dictionnaire du moment:


Inscription

Articles récents

Commentaires récents

Catégories

Et avant?

Développement personnel

Le coin des traducteurs

Le monde des freelances

On travaille ensemble

Pour se divertir

Nuage de tags

Autres liens