Comment fixer ses tarifs et évaluer ses revenus d’indépendants?

Quand on est indépendant, en particulier quand on débute ou quand on propose une nouvelle prestation, la question du tarif peut être problématique. Suis-je trop cher? Ne le suis-je pas assez? Est-ce que je ne risque pas de faire fuir les clients? Mais si mes prix sont trop bas, combien me faudra-t-il travailler pour pouvoir vivre de mon activité?

Vous voyez où je veux en venir? Ce sont les questions que tous les freelance se posent un jour et auxquelles on a parfois du mal à répondre.

Lorsque l’on vend des biens matériels, calculer ses revenus est facile. Prenons l’exemple de quelqu’un qui fabrique des bijoux et les vend sur son site Internet: il suffit de calculer le coût de production d’un produit (matière première, électricité, frais d’envoi), d’y ajouter une marge qui inclut le temps de fabrication et vous avez votre prix de vente. A vous de voir ensuite quelle marge vous souhaitez pratiquer.

Le dilemme des prestations intellectuelles

Quand on vend des prestations intellectuelles (traduction, webdesign, formations…), c’est à dire des prestations qui n’ont pas de coûts fixes, il est beaucoup plus difficile de savoir combien elles valent à vos yeux et à ceux de vos clients. Là est d’ailleurs le dilemme: vous estimez vos prestations à un certain prix, compte-tenu des frais que vous devez payer et de la valeur que vous attribuez à votre travail, mais vos clients ne verront pas forcément cela du même oeil. Toute la question est donc de leur proposer un tarif qui convienne aux deux parties.

Fixer ses tarifs, c’est tout un art. Pour vous, cela commence par un arbitrage: combien ma prestation vaut-elle? Quel est mon objectif de revenus? Différentes méthodes de calculs s’offrent à vous.

1. Suivre les tarifs du marché

Contactez des professionnels en activité, renseignez-vous auprès des syndicats de votre profession, des associations d’anciens: posez des questions! N’ayez pas peur qu’on refuse de vous répondre. Dans le pire des cas, si quelqu’un vous refuse l’information, tant pis, allez taper à une autre porte :)

Il me semble que peu de gens rechignent à donner la fourchette de tarifs qu’ils pratiquent. D’abord parce qu’en général, c’est toujours appréciable d’être consulté par quelqu’un qui débute mais aussi parce que mieux vaut que les tarifs en vigueur soient connus pour éviter aux nouveaux venus de casser le marché. Si les nouveaux arrivants suivent les pratiques des anciens, l’offre est globalement homogène et les clients se baseront sur d’autres critères pour sélectionner leurs prestataires.

Avantage: les tarifs sont en accord avec le marché, vous pouvez commencer vous-aussi sur une base tarifaire convenable

Inconvénient: l’information peut être difficile à obtenir, surtout s’il n’existe pas de regroupements professionnels

2. Estimer ses tarifs en fonction de ses besoins

Le calcul est simple: vous faites le total de vos frais fixes (électricité, gaz, internet, téléphone…), vous faites une estimation de ce dont vous avez besoin chaque mois pour vivre et vous en faites votre objectif. De là, vous pouvez en déduire le prix de vos prestations.

Avantage: vous avez une idée précise du temps de travail nécessaire et des objectifs à atteindre

Inconvénient: Les tarifs ne seront pas forcément en accord avec le marché (trop bas ou trop élevés). Cette méthode de calcul reflète et suffit à vos besoins, elle ne témoigne pas de la valeur de votre travail

3. Estimer ses tarifs en fonction de la valeur de la prestation

Vous estimez votre tarif en fonction du temps passé, de la difficulté du projet et de son volume.

Avantage: Votre tarif représente la valeur de votre travail

Inconvénient: Il risque d’être déconnecté de la réalité du marché et les clients qui ne connaissent pas le métier auront du mal à comprendre la notion de valeur

4. Pratiquer des tarifs bas pour obtenir plus vite des commandes

Vous connaissez les prix du marché et vous vous positionnez volontairement bas pour « casser le marché » et attirer les clients.

Avantage: cela peut être efficace, mais temporaire. Il y aura toujours moins cher que vous ailleurs.

Inconvénient: Vous cassez le marché, cela peut se retourner contre vous. De plus, il est difficile de se motiver à fournir un travail de qualité en continu si le tarif est faible. Enfin, il faudra travailler plus pour obtenir un revenu correct, d’où l’équation: tarif bas+volume de travail élevé= qualité?

Copiez les salariés

Si vous avez déjà été salarié, vous savez que le salaire que vous recevez ne sert pas seulement à vous donner de quoi vivre: il rémunère votre travail et vos compétences. Copiez donc les salariés! Suivre ce modèle est particulièrement intéressant si vous êtes consultant indépendant: en connaissant les pratiques du marché et en vous positionnant en accord avec les tarifs pratiqués, vous êtes sûrs d’être rémunérés à votre juste valeur!

Maintenant que vous savez comment déterminer votre fourchette de tarif, il faut savoir comment vous positionner: tarifs élevés ou tarifs bas? Et comment les clients vont-ils réagir? La réponse mercredi!

Et vous, comment déterminez-vous vos revenus?

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Comments (12)

 

  1. www.fuzz.fr dit :

    Comment évaluer ses revenus d’indépendants?…

    Quand on est indépendant, en particulier quand on débute ou quand on propose une nouvelle prestatation, la question du tarif peut être problématique. Suis-je trop cher? Ne le suis-je pas assez? Est-ce que je ne risque pas de faire fuir les clients?…

  2. Retrouvez cet article sur Blogasty …

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  3. Sylvaine dit :

    J’ajouterais à ton article la différence entre tarifs et revenus, puisque nous indépendants sommes notre propre patron et à ce titre finançons nos propres cotisations sociales, qui doivent bien entendu être intégrées dans nos tarifs.
    Etablir des grilles tarifaires est toujours pour moi un casse-tête, car tout argument peut facilement trouver son contraire. Au final, je suis convaincue que tant que la grille de tarif est cohérente avec nous-même, tout va bien. Un indépendant qui pratiquerait de prix qui ne lui conviennent pas du tout a à mon avis plus de chances d’avoir du mal à les justifier, donc à se vendre.

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  4. Céline dit :

    Merci pour ce commentaire Sylvaine! Effectivement, j’ai oublié de parler des cotisations sociales et des impôts. C’est aussi à prendre en compte dans ses calculs!
    Pour ce qui est des tarifs qui conviennent à ceux qui les pratiquent, tu as déjà compris de quoi nous parlerons mercredi!

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  5. Merci pour cette analyse, je pense que je vais en parler prochainement sur mon blog.

    Perso, egalement oeuvrant egalement du coté « prestation intellectuelle », j’ai estimé « ce que je vaut », puis je l’ai comparé avec d’autres professions (en l’occurence, plus prestigieuses) pour vérifier que j’étais cohérent (= moins cher !).

    J’ai décidé de ne pas hésiter à paraitre cher, pour pouvoir faire une marge et comme tu le dis ne pas bacler mon travail. Il faut dire que si je suis auto-entrepreneur, c’est que je fais pas que ça dans la vie, donc je peux me permettre d’avoir peu de clients mais des « bons » clients (interessants et intéressés).

    Ceci dit, au fil du temps, j’ai adapté la definition de mes services (sans changer le prix); concretement, précisé ce que cela inclu (qui était déjà inclu mais pas visible: préparation par exemple). Du coup, je peux argumenter qu’une heure de presta correspond à 3 heures de travail effectif par exemple.

    Otto.

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  6. Céline dit :

    Bonjour Otto, merci pour ce commentaire!

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  7. STPo dit :

    Il y a également, dans les métiers liés à la création notamment, l’épineux problème des cessions de droits d’auteur… S’il est assez facile de chiffrer le tarif / jour en exécution, il est autrement plus complexe d’évaluer combien valent les droits rattachés à un travail. Difficile de trouver des ressources crédibles sur ce point sur le web d’ailleurs…

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  8. Céline dit :

    Bonjour STPo, bienvenue!

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  9. Isabelle dit :

    Très intéressant ! Je débute comme consultante en communication freelance, et effectivement la question des tarifs est un épineux problème : comment se créer des références sans brader ses prestations (car même si j’ai douze ans d’expérience en tant que salariée, je débute comme freelance…), comment gagner correctement sa vie sans bosser jour et nuit (car ne nous leurrons pas, au début, la prospection prend vraiment beaucoup, beaucoup de temps) et à terme, comment concrétiser le rêve de tous les freelances (enfin j’imagine ;-) ), c’est-à-dire gagner « plus » en travaillant moins ?!
    … Ce billet me permet déjà d’y voir plus clair, donc merci beaucoup pour ces informations !

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  10. Céline dit :

    Bienvenue Isabelle et bravo pour votre entrée parmi les freelances ;)

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  11. [...] le strict minimum. Ce qui nous pousse à étudier sérieusement les prix que l’on pratique, c’est la valeur que l’on attribue à notre travail. L’argent est donc une motivation dans la mesure où c’est le premier moyen de mesurer [...]

  12. netah dit :

    Bonjour,

    Je me permets de vous présenter une appli facebook en cours d’amélioration qui permet de calculer un tarif « rentable » et un tarif « optimal » en fonction de nombreux critères (statut, charges, niveau de vie…) et de le comparer au tarif que l’on souhaite appliquer (dans ce cas, l’appli nous donne le nombre de jours à facturer) et aux tarifs généralement pratiqués par les concurrents. L’appli nous donne également un « équivalent salarié » pour ceux qui se demandent s’ils peuvent quitter leur emploi.

    Sans prétention mais je l’espère pratique : http://apps.facebook.com/freelances/

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